Pourquoi nos rêves sont-ils si cruels ? Pourquoi sont-ils tellement irréalisables ? On y croit un instant, une minutes, quelques heures, le temps de partager des sourires et des échappées immobiles. Pourquoi ne peut-on pas s'envoler ? Le sang nous ramène à la terre. Comme un aimant à la réalité. Que pouvons-nous faire, à part rêver, quand la mort nous menace ?
J'avais un rêve. J'y ai cru. Trop longtemps peut-être. J'ai cru en l'un de mes rêves les plus irréalisables. Parce qu'il n'impliquait pas que moi. Et que les autres ont une autre vie. J'y avais cru. Un instant de trop, peut-être ? Dans mes instants de solitude, pour croire qu'on peut vraiment construire des choses, pour croire que l'espoir a toujours raison, j'ai fait battre mon c½ur pour toi. Pour que tu t'échappes de ta prison mentale. Mais qu'est ce qu'on peut faire, pour ceux qui s'enfoncent, à part prier de toutes nos forces ? Quelle est notre valeur dans la vie de ceux qui meurent ? On regarde nos mains, on regarde notre visage, mais on sait, en serrant les poings, qu'on a pas ce qu'il faut pour retenir les gens, qu'on a pas ce qu'il faut pour les délivrer. Qui peut prétendre avoir ce pouvoir ?
Etrange solitude. Un calme soudain et inattendu. La chute de mes rêves, en douceur. Comme une plume qui se pose sans bruit. Et tout d'un coup. Tout d'un coup je me demande comment j'ai pu y croire ? Comment ai-je pu y croire, te voyant t'enfoncer dans une brume opaque où l'on ne pourrait jamais te retrouver...
Où es-tu ? Ici ou ailleurs. Es-tu seulement encore sur cette terre ? Où puis-je te chercher ? Sur la pierre grise d'une mort anonyme ? Dans un trou béant qui s'ouvre un peu plus chaque jour ? Contre un mur, allongée, les yeux perdus dans les néons de tes espoirs déchus ? J'y aurais cru pour toi. Mais qu'ai-je à offrir ? Autant que ce que tu as à perdre, maintenant.
Où puis-je courir pour te retrouver ? Où puis-je crier pour que tu m'entende ?