Tu m'as dit vouloir être heureux avec moi et vouloir me rendre heureuse. J'y réfléchis, j'y réfléchis. La notion de bonheur est tellement vague, que je me demande au final si il existe vraiment ou s'il est une chimère inventée pour donner à l'homme un objectif. Tu vois, je te l'ai dit, mes mots ne peuvent sortir s'ils sont sucrés. Mon esprit divague entre l'acide et l'amer, au pays des rêves déchus et des amours brisés en milliers de vagues, sur les rochers tranchants d'une vie houleuse. Difficile, difficile de réfléchir dans le remous incessant de mes pensées. Sans arriver à fixer un seul instant une idée, une sensation, un sentiment. Je m'agite, je sursaute, je suffoque. A quoi bon le calme placide du simple bonheur ? Je n'arrive plus à avoir une seule pensée claire et compréhensible. Je ne me suis jamais vraiment comprise. Qui peut prétendre se connaître ?
Parfois, j'aimerais être heureuse, mais mes rages anciennes sans cesse me rappellent à elles. Tu ne comprends pas. Je pourrais bien t'expliquer mille fois de mille façons différentes. Tu ne peux pas comprendre mon sentiment, toi qui as toujours un endroit où te rassurer, un nid ou te réfugier du monde des douleurs. Tu n'as jamais été seul. Alors pourquoi essaies-tu de comprendre...
Dans un sens, je suis « heureuse » que tu veuilles me rendre heureuse. Mais ne t'inquiète pas pour moi, par pitié, que personne ne s'inquiète pour moi.
Je vis bien comme ça. je t'aime bien comme ça.